L’agriculture urbaine selon Béton Fertile

Selon nous, l’agriculture urbaine n’a de sens que si elle remplit plusieurs fonctions au sein de la ville.

En effet, la seule fonction de production vivrière se justifie très difficilement, notamment à cause des coûts de revient dus au coût du foncier et aux contraintes d’exploitation (petites surfaces, contraintes d’accès, entre autres).

Non, ce qui doit être pris en compte, c’est l’ensemble des bénéfices pour la ville et ses habitants.

Du coup, quelles pourraient être les autres fonctions de l’agriculture urbaine ?
 
Exemples de fonctions supplémentaires possibles :
  • dans le faire ensemble, créer des espaces de socialisation, de rencontre et d’échange
  • dans le cadre d’animations, éduquer : permettre aux grands et petits d’apprendre à faire pousser leur nourriture, et à consommer différemment
  • par le compostage/lombricompostage, réduire le volume des poubelles des ménages et des commerces, et donc réduire la facture de la collecte et du traitement des déchets ménagers
  • par la culture de plantes fixatrices, capturer le CO2 de l’air urbain et contribuer à assainir celui-ci
  • par la création d’un couvert végétal, réduire l’amplitude des chaleurs estivales intra muros
  • par l’utilisation de l’urine comme engrais (en dilution à l’arrosage, ou couplé au thé de lombricompost, en uroponie), contribuer à économiser l’eau potable en évitant de tirer la chasse d’eau
Comme on peut le voir dans les exemples ci-dessus, on peut distinguer au moins 2 temps principaux dans les interventions d’agriculture urbaine telle que Béton Fertile l’imagine :
  • Temps 1 : « faire du sol », un temps qui se situe « avant » la plantation, et qui inclut des phases de compostage de gisements de déchets qui du coup (re)deviennent des ressources primaires
  • Temps 2 : planter/entretenir/récolter/multiplier, qui est finalement le temps de la plante, où l’on va retrouver les fonctions de captation de CO2, d’utilisation de l’urine-engrais, mais surtout de socialisation et de production de nourriture

Le temps 1, tel que décrit ci-dessus, ne fait pas vraiment penser à du jardinage. Il est pourtant essentiel. C’est pour ça qu’il est inscrit en 2e position dans nos objectifs : « Réduire/stopper l’export de matière organique hors de la ville ».

Mais il ne faut pas croire que ces matières se réduisent aux épluchures de légumes !

En effet, le processus de compostage nécessite un savant mélange de matières azotées (les matières « molles » , comme les légumes, les fruits, et leurs épluchures), et de matières carbonées (les matières fibreuses, comme le bois, les petits branchages, mais également les cartons et même les papiers genre essuie-tout et autres essuie-mains).

Donc, si l’on réfléchit en terme de gisement de ces deux types de matières carbonées et azotées, la ville nous apporte tout le nécessaire pour produire un sol riche et fertile.
 
Il reste tout de même un élément majeur à réunir tant pour le temps 1 que pour le temps de la plante, c’est de trouver des espaces !
Mais cela fera l’objet d’un prochain article 😉